Communiqué officiel : Direction Générale des Affaires Militaires de la Compagnie Nouvelle France
« Fidèles à la France, libres dans nos combats. »
Mesdames, Messieurs, chers ministres, chers voisins de province qui nous regardez d'un œil circonspect : il paraît que certains s'interrogent encore sur la légitimité de la Compagnie Nouvelle France. La question nous amuse. Voici, par courtoisie et non par nécessité, notre présentation officielle.
Qui sommes-nous ?
Nous descendons, en droite ligne spirituelle, des grandes compagnies militaires qui surent mener de front le commerce et la guerre, jugeant qu'il eût été malséant de choisir. Nos navires n'ont jamais sombré par manque de bravoure : tout au plus ont-ils pris, à l'occasion, quelques détours dont l'utilité stratégique reste à démontrer, mais qu'il convient de ne pas trop interroger.
Notre doctrine tient en une formule : autonomie stratégique au service de l'État. La France passe avant tout, sauf lorsqu'il en va autrement, ce qui arrive, rarement, mais toujours pour d'excellentes raisons que nous n'avons pas à détailler.
Quant à ce qui se passerait si nos intérêts venaient un jour à diverger de ceux de l'État, la charte reste prudemment silencieuse. Ce qu'elle affirme, en revanche, c'est que la Compagnie maîtrise ses décisions et sait reconnaître ce qui est juste. Nous préférons ne pas préjuger de nos choix futurs : nous les jugerons le moment venu.
Nos valeurs fondatrices
Nous passons du négoce de céréales à une campagne militaire sans transition apparente, ce qui inquiète nos comptables et rassure nos officiers. Nous servons l'État avant tout, en théorie du moins, pas un roi, pas une couronne, l'État français, ce qui nous évite quelques révérences superflues. Mais l'État ne mobilise pas tous les jours, et une compagnie désœuvrée est une compagnie qui s'ennuie dangereusement : d'où nos propres combats, menés en marge, par principe autant que par tempérament. Quant à l'autodérision, nous la pratiquons par élégance : nous rions de nous-mêmes avant que d'autres ne s'en chargent, ce qui leur retire tout le plaisir de la chose.
L'exemple de notre engagement en Amérique du Nord
Il y a quelque temps, la Compagnie s'est portée outre-Atlantique dans une opération que d'aucuns qualifieront un jour d'audacieuse, et que nous préférons qualifier de parfaitement réfléchie, la réflexion étant intervenue à peu près au moment du débarquement. Le résultat fut conforme à nos ambitions : mémorable pour nous, discret ailleurs.
Ressources officielles
Notre vidéo de propagande est disponible ici :
Notre hymne, dans son intégralité, est disponible ici :
Une compagnie sans hymne serait une administration sans cachet.
Rejoindre la Compagnie
La Compagnie Nouvelle France recrute, sans exiger d'expérience militaire préalable, l'esprit d'initiative suffira, et se révèle de toute façon plus difficile à enseigner. On y trouve gloire, trésor de guerre à géométrie variable, et une chaîne de commandement qu'il vaut mieux ne pas examiner de trop près. Les rangs sont toutefois presque au complet, et les candidats devront donc patienter sur liste d'attente, ce qui leur laissera tout le loisir de méditer sur l'honneur d'y figurer.
Le chemin du nouvel engagé
Rejoindre la Compagnie n'est pas un acte, c'est un cheminement, et il convient d'en avertir les candidats avec toute la solennité requise. Le premier stade est celui du doute : on hésite, on relit la charte, on se demande si l'on est vraiment fait pour cela. Le deuxième stade est celui de l'engagement, où le doute cède la place à une certitude qu'on ne saurait justifier mais qui suffit amplement. Vient ensuite le stade de la fierté, généralement atteint au moment précis où l'on enfile l'uniforme pour la première fois et où l'on se surprend à se tenir plus droit sans l'avoir décidé. Le quatrième stade, plus discret, est celui de l'attachement : on découvre qu'on chante l'hymne sous la douche sans s'en rendre compte, et qu'on n'en a nulle honte. Le cinquième et dernier stade est celui de la communion véritable, où l'on cesse de dire « je sers la Compagnie » pour dire simplement « nous », et c'est à cet instant précis, et à cet instant seulement, qu'on comprend pourquoi les anciens sourient en silence quand un nouveau pose la question.
Vive la Compagnie. Vive la France. Et, tant qu'à faire, vive nous.
Thoms
Commandant de la Compagnie Nouvelle France