"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" - Nicolas Boileau
Estimés compatriotes,
C'est avec une plume empreinte d'espoir que par cette lettre, je me présente devant vous pour une place au congrès.
Pour un maximum de clarté, cette candidature sera séparée en 2 parties. D'abord sur ma personne, puis sur mon projet.
Et si vous le travail ou la flemme vous empêche de lire le programme, un résumé en quelques mots: "Gant ar boan hag an amzer e teu ar pep tra." ("Bosse feignasse !")

Déjà, car j'ai désormais du temps. En cette période estivale, mes vacances sont déjà passées et je reviens tout juste d'un pèlerinage à Rocamadour. Je serais donc en mesure de me consacrer corps et âme à la direction du pays, pour VOUS permettre de profiter de vos congés.
Ensuite, car après une dure période de labeur, j'ai la fierté d'être à la tête d'une petite entreprise d'extraction de granite et de fer qui me permet de vivre décemment. Un bon dirigeant se doit d'être un exemple. Moi, c'est ma confiance dans mes 9 enfants et leur exploitation travail quotidien. Ils mettent du pain dans mon assiette, pour que je mette du beurre dans VOS épinards !

De gauche à droite: Gwendal, Rozen, Pol, Soïzic, Yhves, Katell, Goulven, Azenor et Mahé.
Sont absents de la photo: Padrik, décédé suite à un coup de grisou, et Loeiz, vendue à un notable de Sant-Maloù.
C'est donc sous l'étiquette du bon père de famille que je me retrouve devant vous. J'aime mon pays comme mes enfants, et je veillerai à ce que notre politique reflète cet amour patriarcal.
Un Homme n'est rien sans ses racines. Les miennes se sont frayées un chemin à travers les couches rocailleuses de la Bretagne, et c'est le goût du sel, du vent et des tempêtes qui m'ont forgé. En Bretagne, les faibles, on les envoie à Versailles.
Accessoirement, il semble qu'on va bientôt prendre part à des grosses bastons. Et la Bretagne, c'est la région la plus éloignée de la menace germanique. C'est pas de la couardise, c'est de la stratégie.

Aleksiz Kerstakhanov, ou l'incarnation des valeurs qui mèneront le pays vers la prospérité
Mais, au-delà du travailleur, ce qui importe plus, c'est sa vision.
La mienne se veut précise et concise. Les grandes promesses politiques ne m'intéressent pas.
I - Miser sur les nouvelles générations
Notre pays, du haut de ses 300 et quelques habitants, a connu un remarquable développement depuis quelques mois. Cependant, cette natalité s'essoufle, et stagne aujourd'hui. Certains diront qu'avec la canicule, on fricote moins sur la couche. Je vous l'affirme, c'est faux, un tapis de paille fraîche et beaucoup de volonté, c'est ça qui compte. Continuons nos efforts pour ramener du monde.
En parallèle, il nous faut plus d'initiative pour garder notre jeunesse. Accompagnons les bons travailleurs, récompensons les fidèles, divertissons leur esprit avec moult aventures, flattons leur égo avec de la reconnaissance, et formons la future élite de nos campagnes !
II - Ramener la sérénité sur le sol européen et regarder plus loin
Notre belle Europe est en fumée, et les peuples autrefois amis se haïssent. Il nous faut faire le premier pas vers une tentative de réconciliation et ramener la stabilité dans nos contrées. Tournons ensemble nos regards vers les tropiques et l'outre-mer, là où les richesses sont nombreuses et exotiques. Redéveloppons nos industries navales et partons à l'aventure par delà les mers.

La flottille "Poc'han" dirigée par le cuirassé "Sainte-Anne", prête à prendre la mer
Et mes ambitions s'arrêtent là pour le moment. Ceci étant ma première candidature au congrès, faire preuve de trop d'ambition serait mal vu. Je souhaite me consacrer principalement à ces deux points.
Un dernier petit mot avant de terminer cette missive, je souhaite quand même remercier l'ensemble des dirigeants et membres du congrès précédents. Pour le travail fourni, pour leur dévotion envers le pays, et pour m'avoir permis de vivre cette belle aventure. Je souhaite donner autant que ce que j'ai reçu.
Un grand merci pour le temps que vous avez consacré à cette lecture. Par votre intérêt à la politique, vous faites déjà plus que beaucoup de vos concitoyens !

Demain ne pourra s'écrire qu'avec les expériences d'hier.